Le bleu sauvage
Dans les branches, ils couraient
Epouvantés, des toiles collaient à leur visage.
Ils fonçaient dans les troncs, les branches pleuvaient,
Regardaient derrière eux, roulaient des yeux d’orage.
Dans les forêts d’ombres chassaient
Des meutes d’hommes aux abois, s’enfonçaient.
Dans les branches, ils couraient
Epouvantés, des toiles collaient à leur visage.
Entre les bois, où traîne le jour en cage
Courent, les meutes reniflent, louvoient
Les petits livides trébuchent de peur, sans voix
Soudain une machette tranche l’air froid.
Sous le vert des branches, le rouge serpentait
Une petite tête regardait le dernier bleu sauvage
Dans le blanc nuage des yeux la mort se lisait.
Liban, as-tu gardé la mémoire de ces doux visages ?